![La banderole "Riposte générale" en tête de la manifestation réunissant des syndicalistes CGT, des militants de gauche et des "gilets jaunes", le samedi 27 avril 2019 à Paris..]()
La banderole « Riposte générale » en tête de la manifestation réunissant des syndicalistes CGT, des militants de gauche et des « gilets jaunes », le samedi 27 avril 2019 à Paris. (©AFP/Zakaria ABDELKAFI)
Maintenir la pression, 48 heures après les annonces d’Emmanuel Macron en réponse à la crise sociale et quatre jours avant le défilé du 1er mai : plusieurs milliers de « gilets jaunes » se sont de nouveau mobilisés samedi en France, et notamment à Strasbourg, « remotivés » après le « bla-bla » présidentiel.
Pour cet acte 24 d’un mouvement inédit, qui empoisonne l’exécutif depuis plus de cinq mois, le ministère de l’Intérieur comptabilisait 5 500 « gilets jaunes » dans les rues à 14H00 en France, dont 2 600 dans les deux cortèges parisiens, des chiffres contestés, semaine après semaine, par les intéressés, qui publient leur propre décompte.
Ils étaient, selon les autorités, 9 600 participants samedi dernier à la même heure, dont 6 700 à Paris.
Selon la préfecture de police de Paris, 8 920 contrôles préventifs ont été effectués et 11 personnes ont été interpellées dans la capitale. Depuis l’acte 1 de ce mouvement social le 17 novembre, 2400 « gilets jaunes » et 1700 membres des forces de l’ordre ont été blessés, selon Beauvau.
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Rassemblement « international » à Strasbourg
A un mois des élections européennes, les organisateurs entendent donner un caractère « international » à la journée d’action avec une manifestation à Strasbourg. Ce défilé de 2000 « gilets jaunes », selon la préfecture, a été marqué par un bref épisode de tension quand le cortège a voulu rejoindre le Parlement européen, ont constaté des journalistes de l’AFP.
Dans la foule, Pascal Harter, 58 ans, a estimé qu’il n’y avait « rien eu de concret » dans les annonces faites par le président jeudi . « Ça m’a remotivé », a-t-il expliqué à l’AFP. Pour ce pré-retraité, le chef de l’Etat s’en est tenu à du « bla-bla ».
Un sentiment largement partagé sur les réseaux sociaux dans les groupes de « gilets jaunes », pour qui les mesures d’Emmanuel Macron – déployer « plus de fonctionnaires sur le terrain », baisser l’impôt sur le revenu, supprimer l’ENA ou réindexer sur l’inflation les pensions de retraites de moins de 2000 euros – ne suffisent pas.
Loin d’éprouver de la lassitude, des manifestants ont dit partout en France être « remontés » après le discours du chef de l’Etat. « Merci Macron! », a lâché Nelly, une Francilienne de 70 ans, près du siège de BFMTV, lors d’une « marche sur les médias » à Paris pour réclamer un « traitement médiatique impartial » du mouvement.
« La logorrhée » du président, « c’est +peanuts+, de la poudre de perlimpinpin », a jugé Francine à Toulouse, où le cortège n’a pas pu accéder à la place du Capitole, interdite à toute manifestation. « Ça nous a donné du grain à moudre », a-t-elle ajouté.
A Paris, sous le mot d’ordre « riposte générale », un cortège mêlant les gilets rouges de la CGT, les « gilets jaunes » et des représentants de partis de gauche a totalisé 5 500 personnes, selon Beauvau.
![Premier face-à-face entre Gilets jaunes et forces de l'ordre, rue Sadi-Carnot, à Caen (Calvados), samedi 27 avril 2019. Les manifestants bravent l'interdiction préfectorale et pénètrent en, centre-ville.]()
Premier face-à-face entre Gilets jaunes et forces de l’ordre, rue Sadi-Carnot, à Caen (Calvados), samedi 27 avril 2019. Les manifestants bravent l’interdiction préfectorale et pénètrent en, centre-ville. (©Nicolas Claich/Liberté – Le Bonhomme libre.)
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« Justice sociale et fiscale »
« Gilet jaune » « depuis le début », Patricia, une Parisienne de 65 ans, a manifesté avec la CGT car elle est « pour la convergence des luttes ». Quatre jours avant le 1er mai, cette institutrice retraitée « souhaite que tous les syndicats, partis, mouvements contestataires soient dans la rue pour une fédération du peuple, pour la justice sociale et fiscale. »
« Macron t’es foutu, toutes les vieilles sont dans la rue », scandaient des « gilets jaunes » à Rennes (600 manifestants), « On est là, on est là, même si Macron ne veut pas, nous on est là! », entendait-on à Bordeaux (1500 selon la police) ou à Toulouse (1 500 à 2 000 personnes selon l’AFP), deux places fortes de la mobilisation.
« On est plus motivé que jamais! », assurait aussi une femme de 51 ans à Marseille, venue « lutter contre l’oligarchie et les privilèges des riches ».
D’autres manifestations se déroulaient un peu partout en France, comme une opération escargot sur le périphérique lyonnais.
Certains ont néanmoins prévu de faire l’impasse ce samedi pour se concentrer sur les manifestations du 1er mai, qui s’annoncent tendues.
Pour prévenir les débordements, des interdictions de manifester ont été prises à Strasbourg dans le centre et autour des institutions européennes, mais aussi à Toulouse, Lille, Rennes ou Rouen. A Paris, le périmètre prohibé comprenait les Champs-Elysées, l’Elysée, les abords de l’Assemblée nationale et de Notre-Dame.
Samedi dernier, les « gilets jaunes » ont été au total 27 900 à battre le pavé en France, selon le ministère de l’Intérieur, 100 000 selon leur propre décompte. Une mobilisation en baisse, sauf à Paris où le nombre de manifestants avait presque doublé par rapport à la semaine précédente et où un regain de tension a été observé.
Vendredi, le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner a disqualifié les motivations des manifestants. Pour lui, les réactions aux annonces d’Emmanuel Macron avaient été « déjà écrites » avant même son allocution.
![Emmanuel Macron pendant sa conférence de presse, à Paris, le 25 avril 2019.]()
Emmanuel Macron pendant sa conférence de presse, à Paris, le 25 avril 2019. (©AFP/ludovic MARIN)
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Source : © 2019 AFP